Magissons contre les violences scolaires !

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Réjouissez-vous, Mesdames et Messieurs, je vais vous révéler la magie de Palo Alto pour aider les élèves en souffrance à l’école…

Tout d’abord, pour intégrer la méthode Palo Alto dans sa pratique en établissement scolaire, il faut utiliser le sortilège du « rigorum précisia ». Il existe en effet une méthodologie précise, une grille stratégique, qui repose sur des principes épistémologiques solides. Les exemples ne sont là que pour illustrer la théorie, et nous permettre de comprendre comment elle peut se conjuguer au sein de l’institution. Chaque individu est unique, sa vision du monde lui est propre, tout comme les émotions qu’il ressent, et ce qu’il a essayé de faire pour résoudre son problème. Il est indispensable d’être rigoureux dans l’utilisation de cette grille stratégique et dans le questionnement de l’élève qui souffre.

Pour lutter contre les violences scolaires en utilisant la méthode de Palo Alto, il faut savoir également pratiquer le sort de « confiancia ségura ». Les solutions proposées aux élèves en souffrance visent à les responsabiliser, les rendre autonomes dans la gestion de leurs relations avec les autres. Ce qui fait souvent peur aux parents. Il est donc nécessaire de gagner leur confiance, principalement en étant honnête avec eux à propos de la réalité d’un établissement scolaire. Si la peur est une émotion qui nous protège au quotidien, elle peut devenir envahissante si nous cherchons à l’éviter. C’est ce que nous faisons lorsque nous tentons de convaincre des parents inquiets que tout est absolument sous contrôle dans nos établissements. Nous leur mentons, et nous augmentons leur peur. Et si un jour, leur enfant est effectivement malmené par d’autres, la peur se transforme en panique, émotion extrême qui pousse souvent à commettre des erreurs (comme aller dire « ses quatre vérités » au coupable…). Les parents nous accordent leur confiance quand leurs émotions sont entendues et qu’ils perçoivent notre engagement.

Dans tous les établissements, et depuis toujours, nous demandons aux élèves de se confier aux adultes lorsqu’ils font face à des difficultés relationnelles. Et dans tous les établissements, depuis toujours, nous constatons qu’ils ne le font généralement pas. Nous découvrons alors, horrifiés, le calvaire vécu par certains dans le plus grand silence. Le problème c’est qu’en parlant aux adultes, ils prennent le risque que ces derniers, avec les meilleures intentions du monde, interviennent auprès des élèves mis en cause. Parfois, cela peut apaiser les choses, mais malheureusement, la plupart du temps, cela les aggrave. Les élèves le savent, et donc se taisent. Afin de gagner la confiance des élèves pour qu’ils se fient aux adultes, il est primordial de leur dire ceci : « Tu peux me parler sans crainte, je ne ferai rien sans ton accord. Si tu décides de me parler, nous déciderons ensuite, ensemble, de la meilleure façon de t’aider à régler ce problème, parce que tu sais mieux que moi ce qui est bon pour toi. »

Palo Alto nécessite en général, et c’est particulièrement valable dans le cadre d’un établissement scolaire, de consommer une bonne dose de la potion « humouris riro ». En effet, si l’on veut apaiser la souffrance, il est indispensable d’injecter de la souplesse, de la dérision et de l’auto-dérision dans les rouages de la relation. À tout moment, « l’autre en face de nous » peut s’emparer d’un de nos points de vulnérabilité pour nous déstabiliser. Et plus nous montrons que nous sommes touchés, plus « l’autre en face de nous » cherche à nous déstabiliser. C’est en jouant avec nos points de vulnérabilité et aussi ceux de « l’autre en face de nous » que nous pouvons stopper le cercle vicieux et rétablir l’équilibre de la relation. Utiliser Palo Alto en établissement scolaire, c’est aider les élèves à fabriquer cette potion. Potion qu’ils pourront ensuite réutiliser à leur guise dans d’autres contextes, et ce, toute leur vie. Il est triste de constater que certains adultes n’ont jamais appris à fabriquer cette potion pourtant très utile… Il n’est jamais trop tard…

Pour finir, et c’est sans aucun doute le point le plus important, l’utilisation en établissement de la méthode de Palo Alto comme outil de gestion des souffrances relationnelles des élèves doit reposer sur le rituel du « formatio obligato ».  Car si les exemples, entendus ou lus, donnent l’impression d’une recette facile à reproduire avec ses ingrédients maison, il n’en est rien. La méthode peut vraiment s’appliquer à tous types de violences (verbales, physiques, dans la cour, sur les réseaux sociaux…) mais il est risqué de se précipiter en pensant avoir compris le principe. On prend des risques à envoyer un élève affronter celui qui a si bien réussi jusqu’à présent à le déstabiliser, sans avoir décortiquée la situation, ses émotions, ses tentatives pour résoudre son problème, et s’il n’a pas pu s’entraîner. L’équilibre de la relation ne pourra être rétabli, et il est même possible que son adversaire soit renforcé et qu’on perde alors la confiance de l’élève qui s’est confié.

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