BETTY

Parfois, dans les livres, on tombe sur des illustrations du modèle de Palo Alto. J’en ai débusqué une jolie, alors je la partage avec vous.

Betty, la petite indienne, a subi le racisme, la violence, les moqueries, les brimades, en particulier de la part de Ruthis, sa voisine. Et puis un jour… (Extrait de « BETTY », roman de Tiffany Mc Daniel).

« Un jour, alors que je rentrais d’une ferme à la maison, j’ai croisé Ruthis dans sa décapotable d’un rouge étincelant. Elle s’est arrêtée pour me dire que j’avais de l’herbe dans les cheveux. J’ai continué à marcher. Elle est descendue de voiture pour me suivre à pied.

  • Tu sens la merde, m’a-t-elle lancé en se pinçant le nez. Tu as charrié du fumier, ou quoi ?

Elle marchait à reculons pour pouvoir me faire face.

  • Tu crains pas les coups de soleil, toi, hein ? a-t-elle ricané. Mais c’est sûr que les mouches t’adorent.

Je me suis arrêtée. Avec toute la gentillesse dont j’étais capable, je lui ai dit :

  • Tu es belle Ruthis.
  • Et toi, t’es moche.
  • Tu as de beaux cheveux…
  • Et toi, on dirait du crin, a-t-elle répliqué en croisant les bras.
  • Tu as un beau sourire et de beaux yeux.

Je pensais chaque mot que je disais.

  • Je sais que je suis belle. Comme tu sais que tu ne l’es pas.

Je l’ai enlacée. Elle a gardé les bras croisés, trop surprise pour esquisser le moindre geste.

  • Je te pardonne, Ruthis. Je te pardonne d’avoir fait de l’école un enfer pour moi. De me dire que je suis moche et une ratée. Oui, je te pardonne. Parce qu’un de ces jours, tu auras mauvaise conscience et tu auras envie de me revoir pour pouvoir t’excuser. Seulement, ce jour-là, je serai tellement loin de toi qu’il faudra que tu prennes une fusée pour parvenir jusqu’à moi. Mais on ne laisse pas n’importe qui rejoindre les étoiles. Je te pardonne aujourd’hui, comme ça, plus tard, quand tu te rendras compte que ta vie est horrible et que nous aurions pu être amies tout ce temps, tu sauras au moins que je t’ai survécu.

J’ai relâché mon étreinte et j’ai replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Puis je l’ai plantée là, bouche bée. Les mots lui manquaient.

Je suis rentrée à la maison, le sourire aux lèvres tout le long du chemin. »

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